Que mon fils ait perdu sa dépouille mortelle,
Ce fils qui fut si brave, et que j'aimai si fort,
Je ne l'impute point à l'injure du sort,
Puisque finir à l'homme est chose naturelle.
Mais que de deux marauds la surprise infidèle
Ait terminé ses jours d'une tragique mort ;
En cela ma douleur n'a point de réconfort,
Et tous mes sentiments sont d'accord avec elle.
Ô mon Dieu, mon Sauveur, puisque par la raison
Le trouble de mon âme étant sans guérison,
Le v½u de la vengeance est un v½u légitime,
Fais que de ton appui je sois fortifié :
Ta justice t'en prie, et les auteurs du crime
Sont fils de ces bourreaux qui t'ont crucifié !